FAUSTIN ABOH, LE BÂTISSEUR DE SIKENSI MODERNE !

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Il est des hommes qui occupent une fonction. Et il est des hommes qui écrivent l’histoire. À Sikensi, le nom de Faustin Aboh appartient à cette seconde catégorie.

En 2001, au terme d’une élection municipale tendue, il succède à feu N’Guessan Gilbert. L’enfant de Katadji hérite d’une commune pleine d’espérance mais fragile : un budget annuel qui ne dépasse pas 150 millions de francs CFA, des infrastructures insuffisantes, une jeunesse en attente… et bientôt, la crise militaro-politique qui secoue toute la Côte d’Ivoire.

Le contexte est difficile.

Mais lui, refuse l’excuse. Il choisit l’action.

De 2001 à 2013, en pleine tourmente nationale, il conduit la commune avec une équipe enracinée : Dr Awassa Alphonse de Bécédi, Mme Abbé Augustine de Sikensi, M. Kassa Kassa Raphaël d’Elibou, et d’autres cadres issus des villages de la commune. Un conseil municipal composite, solide, uni par une même conviction : Sikensi mérite mieux.

Son premier symbole fort est l’achèvement de l’hôtel communal, resté inachevé. Ce bâtiment R+1, imposant au cœur de la ville, devient plus qu’une infrastructure : un signal. Une déclaration. Sikensi peut se tenir debout. Grâce notamment à l’appui du Maire de Washington DC, arrivé à Sikensi par son canal dès 1994. l’hôtel communal devient la fierté des populations.

Puis les réalisations s’enchaînent:

-Le grand marché sort de terre.

-Le foyer des jeunes voit le jour, avec son centre aéré.

-Il fait bénéficier à Sikensi le projet structurant dénommé  » plateforme des services (PFS) avec pour objectif d’insérer les jeunes dans des activités.

-Le commissariat de police renforce la sécurité.

-Des écoles s’ouvrent dans les villages.

-Des dispensaires rapprochent les soins des populations.

-Le lycée municipal de Sikensi s’impose comme un pilier éducatif.

-La gare routière structure les échanges.

-Deux cents magasins bordent la voie principale, donnant à la ville une nouvelle allure.

-Il favorise l’installation d’unités industrielles comme Adam Afrique, Pakidie et Hevetec. Car l’homme rêve d’une chaîne industrielle locale, d’un Sikensi productif, autonome, attractif. Même la morgue municipale entre dans cette vision d’organisation moderne.

Et pourtant, tout cela se fait en pleine crise.

Dans les villages, des préaux modernes sont construits avec l’appui de l’ONUCI et de la coopération française. Les chefferies disposent enfin d’espaces dignes pour dialoguer. Dans un pays fracturé, il mise sur la cohésion locale. Il rassemble.

Très médiatisé, il donne à Sikensi une visibilité nouvelle. Actif à l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire(UVICOCI), secrétaire général de l’organisation, impliqué auprès des maires d’Afrique francophone, il porte la voix de sa commune bien au-delà de ses frontières. On le surnomme

« l’Américain ». Et pour comprendre ce nom, il fallait se rendre au carrefour Du Maire, à Katadji, à sa résidence privée. « Sainte Hélène » devenue presqu’un lieu touristique. Le nom « Américain » circule. La ville aussi.

Sa vision est claire : faire de Sikensi une ville moderne, ouverte, ambitieuse.

Ses voyages à l’international ne sont pas de simples déplacements protocolaires. Ils sont stratégiques. Il obtient un jumelage avec la ville de Lille en France. D’ailleurs, Sept maires français foulent le sol de Sikensi pour formaliser des accords de coopération. Échanges techniques, institutionnels, culturels : Sikensi s’ouvre au monde.

Mais Faustin Aboh, c’est aussi la culture.

Sa radio, qu’il avait créée au domicile de feu N’Guessan Dikebie, il la transfère à la mairie pour en faire un outil d’animation culturelle à la disposition de la jeunesse. Sikensi FM se fait entendre avec le fameux slogan « la petite merveille sonore ! »

Il organise de grands événements autour d’émissions populaires comme « Couleur Vacances » « Tonnerre » « Panache » . La finale du championnat de boxe de Côte d’Ivoire se tient dans le jardin de l’hôtel communal. L’enregistrement de « Bonjour 2003 » attire les foules. Des artistes de renom se succèdent. Les artistes locaux sont valorisés à travers ces espaces…Sikensi devient un carrefour culturel majeur.

Stratège et diplomate, il mobilise aussi son carnet d’adresses. Ministres, ambassadeur des USA en Côte d’Ivoire, chefs d’entreprises visitent la commune. Des représentants diplomatiques, des figures publiques comme les mamans éléphants à l’époque de Didier Drogba lors d’événements officiels… Sikensi est même invitée spécialement à l’inauguration de la nouvelle ambassade des États-Unis à la Riviera Golf où il conduit une importante délégation. Parlant de délégation, il en a conduit plusieurs en visite au président Laurent Gbagbo et autres responsables d’institution. En pleine campagne présidentielle, M. Alassane Ouattara est reçu à Sikensi.

Mais au-delà des infrastructures et des honneurs, ce qui marque le plus, c’est l’homme.

Le médiateur.

Le rassembleur.

Celui autour de qui toutes les communautés se retrouvent. Il rendait visite à toutes les familles, il ne manquait à aucune invitation y compris les funérailles où son long cortège était toujours attendu.

Il intervient dans des conflits interethniques et de chefferie. Il privilégie le dialogue. Il installe une culture du vivre-ensemble. Sikensi devient une ville où les communautés cohabitent en harmonie avec les ABIDJIS.

En 2013, l’alternance politique s’impose. Après plus de deux mandats, prolongés par des circonstances exceptionnelles, il perd la mairie. Mais il ne quitte pas la scène politique.

En 2016, il remporte les législatives. À l’Assemblée nationale, il intègre le bureau en tant que secrétaire. Depuis le perchoir, la voix de Sikensi continue de porter. Sa vision demeure : faire entrer Sikensi dans le Grand Abidjan. Pour lui, c’est une évidence stratégique. À seulement 75 km de la capitale économique, la ville carrefour doit occuper sa place légitime.

Malgré le poids des années, malgré les préjudices subis lors des manifestations liées au débat sur la désobéissance civile, sa résidence incendiée par des individus pourtant identifiés, Aboh Faustin reste constant. Fidèle à sa population. Fidèle à la République de Côte d’Ivoire. Alors que certains le croient Fini, oublié, tombé, en 2023, il est élu sénateur de l’Agnéby-Tiassa.

Encore une fois, il intègre le bureau en tant que secrétaire.

Maire, député, sénateur : à chaque étape, il est au cœur des instances de décision.

Constance. Logique. Vision.

Faustin Aboh n’a pas seulement dirigé une commune.

Il a modelé une ambition collective.

Il a donné à Sikensi une stature.

Il a installé l’idée que même avec peu de moyens, une ville peut rêver grand.

Il a porté une vision.

Il a ouvert Sikensi au monde.

Et il a profondément contribué à façonner le visage du Sikensi moderne.

Thierry GNANZOU

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