Il est des noms qui ne s’effacent pas avec le temps.
À Sikensi, celui de Pascal Dikébié N’Guessan résonne encore comme un rappel d’engagement et de responsabilité.
Né en 1936 à Bécédi, dans la sous-préfecture de Sikensi, il appartient à cette génération qui a cru profondément en l’école comme moteur de transformation sociale.
Formé à l’École normale de Dabou, professeur de biologie, puis proviseur, il a d’abord servi par la craie et le tableau avant de servir par la décision politique.
Son parcours prend une dimension nationale lorsqu’il entre au gouvernement sous le président Félix Houphouët‑Boigny. De 1971 à 1983, il occupe les fonctions de Secrétaire d’État puis de Ministre de l’Enseignement primaire et de l’éducation télévisuelle. À une époque où l’éducation était au cœur du projet national ivoirien, sa mission était stratégique : structurer, encadrer, moderniser.
Mais c’est aussi au plan local que son empreinte reste forte.
Député de Sikensi de 1980 à 1985, puis premier maire de la commune de 1985 à 1995, il s’inscrit durablement dans l’histoire administrative et politique du département. Membre du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), il faisait partie de ces cadres politiques enracinés dans leur terre et leur culture.
Décédé en 2002 à Abidjan, Pascal Dikébié N’Guessan laisse derrière lui l’image d’un homme d’instruction, de rigueur et d’engagement public.
Aujourd’hui encore, évoquer son nom, c’est rappeler une époque où servir l’État et servir sa localité allaient de pair.
Vivement que les autorités municipales envisagent un véritable projet d’adressage des rues de la ville de Sikensi, en profitant de cette initiative pour rendre un hommage mérité aux bâtisseurs et icônes de notre commune à travers le baptême de l’une de nos artères en son nom.
Même si le lycée municipal a, jusqu’ici, tenté sans succès de porter son nom, il demeure évident que cet homme mérite, au minimum, qu’une rue de Sikensi perpétue sa mémoire.
Thierry GNANZOU


